Le blog de nlehuby

Apr 15, 2014

Retour d'expérience - cartographie OSM de quelques lignes de bus

Bon, maintenant qu’on a indiqué les lignes qui s’arrêtaient à la gare de Boissy (ici, puis ), pourquoi ne pas aller plus loin et cartographier carrément les lignes entières ?!

Je me suis livrée à cette expérience sur les lignes que j’emprunte occasionnellement, notamment la ligne J1, du transporteur STRAV, puis des portions des lignes 12 et 23 de l’opérateur SETRA.

Avant-après, ligne J1

image : cet arrêt

image : cet arrêt

Première étape : le terrain

La première étape est similaire à précédemment, ça consiste à monter dans le bus et à enregistrer une trace GPS.

La partie difficile à ce niveau est de bien noter les bus_stop (et éventuellement leurs caractéristiques : banc, abri), en particulier si l’arrêt n’est pas demandé par les voyageurs qui sont dans le bus …

De retour sur son PC, on peut attaquer la saisie :

  • Vérifier si des relations correspondant aux lignes et aux parcours existent déjà

    • Si non, les créer
    • Puis, pas forcément dans cet ordre :

    • Créer les arrêts de bus
    • Ajouter les arrêts de bus aux relations
    • Ajouter les chemins empruntés aux relations

Deuxième étape : la création des relations

Avant de créer quoique ce soit, il faut vérifier si ça n’existe pas déjà !

Par une petite recherche dans le wiki tout d'abord

Par une petite recherche dans les données OSM :

Dans overpass-turbo, je demande toutes les relations, qui ont comme tag network = SITUS (par exemple)

image : overpass

En l’occurrence, je les ai déjà créés précédemment donc on peut sauter cette étape ;)

Mais j’ai été étonnée de trouver des lignes du réseau SITUS déjà cartographiée !

Troisième étape : la saisie des arrêts et l’ajout à la relation

Je commence par saisir les arrêts. Certains existent déjà, d’autres non.

Puis comme précédemment, je les ajoute à mes relations.

Là, il y a des petites choses amusantes : parfois il y a déjà un arrêt qui existe, mais pas exactement au même endroit : comment savoir si c’est le même déjà existant (et dans ce cas, s’il est bien positionné) ou s’il y en a plusieurs assez proches ? Dans ce cas, un second passage sur le terrain s’impose !

Certains arrêts ont déjà un tag local_ref = J1, ce qui donne le rendu suivant sur OSM avec la couche de calque Transports :

image : calque Transports

Sur la ligne 23, j’ai également rencontré la problématique suivante :

Les arrêts de bus n’étaient pas marqués comme des arrêts de bus mais comme des terminaux permettant d’acheter des ticketsamenity = vending_machine (ce qui est effectivement le cas, ce sont des arrêts de bus à haut niveau de service :p).

J’ai voulu ajouter juste le tag précisant que c’est un arrêt de bus (highway = bus_stop).

Mais Osmose (un outil de détection d'erreurs et d'incohérences dans les données OSM), remonte ceci comme une erreur :

image : osmose

J’ai donc fait dû faire deux points très proches, l’un portant la vente de ticket et l’autre l’arrêt de bus.

À part ces quelques cas particuliers très locaux, c’est une manipulation assez rébarbative, mais assez simple.

Quoique la ligne J1 m’a donné un peu de fil à retordre, car elle est un peu spéciale :

  • C’est une ligne circulaire (Villeneuve-Saint-Georges vers Villeneuve-Saint-Georges en passant par Boissy-Saint-Léger)
  • Et en forme de 8 (un arrêt est desservi plusieurs fois !)
  • Avec un unique sens (le sens retour existe, mais c’est en fait la ligne J2)
  • Mais avec quand même des parcours spéciaux, car il y a des arrêts scolaires qui ne sont desservis qu’une à deux fois par jour !

Si j’avais su, j’aurais commencé par une plus « normale » !

image : J1

Ça m’a au moins permis de résoudre un mystère : habituellement, je ne le prenais que pour quelques arrêts, mais effectivement, je m’étais souvent étonnée du fait que la girouette du bus indiquait parfois Boissy-Saint-Léger, et parfois Villeneuve Saint-Georges, mais que les annonces sonores dans le bus disaient toujours « Ligne J1 en direction de gare de Villeneuve Saint-Georges »…

Quatrième étape : l’ajout des routes dans la relation

Ceci fait, il ne reste plus qu’à ajouter les routes empruntées par le bus dans les relations.

Là, il n’y a qu’une petite subtilité (qu’on ne peut apprécier qu’au moment de l’étape 5) :

Dans le cas où le bus tourne avant la fin de la route telle qu’elle est tracée sur OSM, ça donne des choses inexactes et plutôt moches en terme de rendu :

image : rendu tout moche

La solution est ici de couper le chemin (là, j’avoue, je n’ai pas trouvé toute seule, j’ai demandé un peu d’aide à la communauté OSM) :

Dans JOSM, quand je survole la relation, les éléments se mettent en surbrillance :

image : capture d'écran de JOSM

Ensuite, il suffit de cliquer à l’endroit où on veut tronçonner le chemin, donc sur le point de séparation, puis de taper P (ou sélectionner Données >  Couper le chemin)

image : capture d'écran de JOSM

J’ai maintenant deux chemins (sur la capture, j’en ai sélectionné juste un, ce qui n’était pas possible avant) :

image : capture d'écran de JOSM

Puis, il ne reste plus qu’à modifier la relation pour supprimer le bout de chemin qui ne devrait pas y être :

image : capture d'écran de JOSM

Vous remarquerez au passage dans JOSM que le fait de cliquer sur un membre le met en surbrillance sur la carte, ce qui permet de ne pas supprimer le mauvais \^\^

Ne pas oublier d’enregistrer, sinon, il faudra le refaire trois fois …

Voilà le résultat final :

image : résultat final

Cinquième étape : ~~admirer~~ vérifier son travail !

Sur le wiki, les liens du modèle (que j'ai déjà évoqué dans le premier article) peuvent être utiles pour vérifier son travail :

image : wiki

La première vérification, la plus immédiate, est l’affichage de la relation dans OSM (c’est le premier lien du modèle inséré dans le wiki) :

image : wiki

Exemple avec la ligne 12 (je n’ai cartographié que la moitié, le reste était déjà présent)

Le dernier lien du modèle est également très intéressant, il reconstruit, à partir des données OSM, le thermomètre de la ligne :

image : thermo overpass

Exemple sur la ligne 12

Et enfin, il y a le rendu de la couche transport, mais c’est moins immédiat, car il est mis à jour sur une base régulière plus espacée.

Voilà pour ce petit retour d’expérience sur la cartographie d’une ligne de bus, qui j’espère suscitera des vocations ;)